mercredi 12 février 2020

Pseudo célébration d’Imbolc/chandeleur à la sauce 13 mères originelles



Il y a un an, Charlotte et moi étions généreusement invitées à partager les célébrations druidiques d’une clairière locale. Cela répondait à un appel que nous avions eu à nous rapprocher de pratiques plus ancrées dans nos propres origines, après nous être nourries de spiritualités venues d’ailleurs. 

Après cette très belle expérience je n’ai pas choisi de suivre la voie de l’Awen. Pour autant, je me suis sentie connectée avec ces célébrations. Pour moi qui marque déjà la roue des saisons, ces fêtes font sens. Elles me reconnectent avec une lignée ancienne, avec ma culture ancestrale, on les retrouve de toutes façons dans nos fêtes modernes. Donc j’ai gardé l’habitude de m’y connecter, et depuis quelques temps, de les célébrer. 

A la roue des saisons sont venus petit à petit se poser en quinconce Samain, Imbolc et demain Beltaine et Lugnasad petu-être, dans une pratique personnelle et personnalisée. 

A chaque fois, j’interroge le sens de la fête, les rituels que j’en connais et la façon dont moi j’ai envie de les vivre et de transmettre les choses à mes enfants. 

Cette fois-ci j’avais envie de proposer quelque chose qui change du cercle habituel. Quelque chose qui bouge. Qui réveille 😉. Et c’est à ce moment que la première gardienne -celle qui parle à ses proches, celle qui comprend les rythmes de chaque être de l’univers qui sont ses frères et sœurs- a frappé à ma porte. Avec de la roue des règnes telle que présentée par Marianne Grasseli Meier dans son ouvrage « Le réveil des gardiennes de la Terre ». 

… D’où une célébration bâtarde, qui n’appartenait qu’à nous mais que je vous partage néanmoins aujourd’hui. 

Rituel personnel 

Avant le rituel avec les enfants, je prends toujours un temps pour moi. Pas forcément le même jour mais cette fois ce fut le cas et c’était bien tombé. Il pleuvait et les enfants s’étaient levés en mode « on veut la télé ! » ce qui a eu le don de me mettre de mauvaise humeur parce que ce n’était pas dans ce genre d’état d’esprit que j’avais envisagé ma journée et que j’étais bien malade et trop fatiguée pour prendre du recul. 

Je suis donc allée laver cela dehors au jardin. Après un temps de connection avec le lieu, où j’ai pris le temps de sentir les prémices du réveil de la terre, de prier pour son renouveau, et pour les terres qui souffrent, j’ai vécu un temps de purification par l’eau. Purification extérieure puisqu’une pluie bienvenue ruisselait le long de mes joues pour emporter vers la Terre les soucis, le stress et toutes les choses dont j’avais besoin de me débarrasser.  

J’ai aussi senti le feu en moi, facilement vu que ma gorge était irritée. J’ai senti le feu nettoyer de l’intérieur ce qui porte atteinte à mon organisme. 

Je suis restée là dans le calme, puis je suis devenue pierre. Je me suis prostrée dans la mousse, laissant mon corps se relâcher entièrement, ne laissant que l’effort nécessaire à ma respiration habiter mon corps et j’ai ressenti. J’ai laissé le temps s’effacer comme les pierres qui étaient là bien avant nous et le serons encore après. J’ai cessé d’agir pour observer : entendre les oiseaux, sentir la pluie, le vent, le chaud, le froid, la mousse sous mon front, mon corps qui monte et descend doucement au rythme de ma respiration, mon cœur qui bat. Comme un enfant dans le ventre de sa mère. 

Puis je suis devenue plante et j’ai commencé à pousser en me mettant à genoux, le dos droit. Très lentement au début car mon corps malade et engourdi était littéralement lourd et attiré vers le sol. J’étais encore un peu pierre, je poussais doucement. Puis je me suis étirée, relevée avec une énergie nouvelle et j’ai senti les bienfaits de l’éveil du corps, comme la nature qui se remet en mouvement. Je me suis sentie pousser, de nouveau à la merci de la pluie, du vent et du soleil. J’ai ressenti les bienfaits du mouvement ascendant, et descendant et je me suis fanée jusqu’à revenir au sol.
Puis je suis devenue animale…. Et bizarrement je n’ai plus aucun souvenir de cette partie ^^. C’est plutôt normal quand on y pense. Je crois avoir danser à un moment mais je crois que j’étais présente à mon vécu et le cerveau déconnecté. 

A la fin de ce temps, je suis revenue à la maison lavée, purifiée, sereine et ayant en vécu moi-même l’expérience que je souhaitais proposer aux enfants.

Avec les enfants

Or donc, mes enfants ont souhaité tout de même prendre un moment avec moi pour célébrer le rituel du jour. 
Dans un premier temps, j’ai expliqué le centre que j’avais composé. Aujourd’hui :
-        - Un napperon rappelant les crêpes et le retour du soleil qu’elles représentent.
-        - des bougies (chandelles) pour célébrer le retour de la lumière au déclin de la saison sombre
-        -  la roue de médecine avec les règnes : humain, animal, végétal, minéral.


J’ai à cœur de célébrer les deux pendants des fêtes traditionnelles : aussi j’ai mentionné Imbolc et la chandeleur, en demandant aux enfants ce que ce mot leur évoquait. D’apprendre d’où venait cette tradition des crêpes a beaucoup plus aux enfants et c’est spontanément qu’ils ont commencé un tour de parole avec le bâton pour parler de ce qu’évoque cette fête pour eux. Je n’avais moi-même pas prévu de le faire, pensant qu’ils trouveraient ça redondant mais pas du tout ! C’était vraiment génial de les voir devenir doucement acteurs de ces moments ! 


Puis nous avons refait la roue des règnes avec ma fille : d’abord pierre (ça l’a ennuyé comme je m’y attendais ^^, mais elle a joué le jeu jusqu’au bout), puis plante.
Au moment de la floraison ma fille s’est écrié « et on bouge comme des plantes dans le vent ! » et on s’est mis à danser au rythme du vent et on a semé du pollen et des graines un peu partout.
Puis chacun a choisi un animal et nous les avons incarné. C’est un exercice que nous faisons régulièrement en yoga et que les loulous aiment beaucoup mais cette fois, il s’agissait de s’imprégner vraiment de chaque animal :
« je suis un chat, les chats ça s’étire et moi, ça me fait beaucoup de bien. Je crois qu’à imbolc, la terre commence à s’étirer aussi tout doucement. Et puis les chats aiment se pelotonner au chaud dans un endroit douillet, ils m’apprennent à me (re)poser comme eux, à refaire le plein d’énergie. Les chats sont toujours à l’affut du moindre bruit, comme eux j’apprends à écouter tout ce qui m’entoure. Les chats sont souples et agiles, je vais essayer de me déplacer avec grâce, comme eux. Les chats sont capables d’attendre des heures pour avoir une proie : comme eux j’apprends la patience et la confiance pour atteindre mes objectifs »
« je suis un lapin. Le lapin est rapide et il saute partout, il est plein d’énergie. Il me donne envie de bouger, de sauter, de courir. Mais que fait-il si on veut le chasser ? Il se cache : il m’apprend la prudence et que parfois, la sagesse c’est de se retirer. Le lapin dort dans un terrier : il reprend des forces au cœur de la terre. Le lapin est gourmand, il aime les carottes, le persil, les fanes, et plein de choses pleines de vitamines pour avoir de l’énergie. ».
« Je suis une souris, la souris et petite et maline. Elle se débrouille toujours pour trouver à manger. Elle est prudente, comme le lapin et… Attention, moi je suis un chat ! je veux manger la souris, alors que va-t-elle faire ? Et oui, elle s’est caché dans un tout petit trou et moi je ne peux pas l’atteindre.  Et bien, la souris viens de nous prouver que parfois c’est un avantage d’être plus petit ».
Etc. 

Nous avons fini par un tirage de cartes avec le petit grimoire aux grands pouvoirs et le moment que les enfants adorent : on souffle les bougies.


Et bien sûr, nous avons mangé des crêpes !